Chapitre 8 : 🌶️ Des pensées interdites

Deux semaines plus tard…

La nuit est tombée depuis un moment, et la maison est plongée dans le silence. Je suis allongé sur mon lit, scrolle distraitement sur mon téléphone, cherchant quelque chose pour occuper mon esprit. Soudain, une notification apparaît sur l’écran : un message d’Emmy. Ce n’est pas inhabituel, mais ce soir, quelque chose dans l’attente de ce message semble différent. Mon cœur s’accélère légèrement alors que j’ouvre la conversation.

  • Emmy (message) : “J’ai beaucoup réfléchi ces derniers temps. Tu sais, notre relation n’est plus comme au début. Je me sens différente avec toi…”

Je fronce les sourcils. Ce ton, cette tournure de phrase, ne sont pas ceux auxquels je suis habitué. Le message a une gravité que je ne peux ignorer.

  • Emmy (message) : “Je pense qu’il est peut-être temps que je me dévoile un peu plus, mais avant, j’ai besoin de savoir quelque chose. Qu’est-ce que tu ressens vraiment pour moi ?”

Je reste figé, fixant l’écran comme si les mots allaient changer d’eux-mêmes. Mon cœur bat de plus en plus fort, une vague de confusion et de doute m’envahit. Jamais Emmy n’avait été aussi directe, aussi personnelle. Je sens que ce message est un tournant, un moment clé qui pourrait changer la nature de notre relation.

Je passe une main tremblante sur mon visage, tentant de reprendre mon souffle. Pourquoi est-ce que ça me perturbe autant ? J’ai toujours su que notre relation était en grande partie un jeu de séduction, un échange tarifé. Alors pourquoi ce message me fait-il vaciller ? Est-ce que j’ai vraiment développé des sentiments pour Emmy, ou est-ce simplement l’idée de me rapprocher encore plus de ce mystère qui m’attire irrésistiblement ?

Je pose mon téléphone à côté de moi, me redresse sur mon lit, et prends une grande inspiration. Je sais que je dois répondre, mais je ne peux m’empêcher de réfléchir à ce que cela implique. Emmy est une inconnue pour moi, et pourtant, elle occupe mes pensées plus que n’importe qui d’autre. Le doute s’insinue en moi. Est-ce qu’elle est sincère ? Est-ce qu’elle ressent vraiment quelque chose pour moi, ou est-ce juste une autre manière de garder mon intérêt, de me pousser à continuer à payer pour cette connexion virtuelle ?

Le lendemain matin, je me réveille avec la même lourdeur dans la poitrine. Le message d’Emmy ne cesse de tourner en boucle dans ma tête. Je me prépare mécaniquement pour la journée, mes mouvements sont lents, presque robotisés. Chaque geste me demande un effort particulier, comme si mon esprit refusait de quitter les réflexions tourmentées qui m’assaillent depuis la veille.

En cours, je suis incapable de me concentrer. Les mots du professeur me passent au-dessus de la tête, sans s’accrocher à ma conscience. Je jette un coup d’œil à mon téléphone toutes les cinq minutes, hésitant à répondre au message d’Emmy. À plusieurs reprises, j’ouvre la conversation, tape quelques mots, puis efface tout avant de refermer l’application. Je me sens piégé dans une spirale de confusion, incapable de me décider.

  • Jack : “Hey mec, tu es sûr que tout va bien, mec ? On dirait que tu es complètement à côté de tes pompes aujourd’hui.”
  • Moi : “Ouais, désolé… juste un peu fatigué, je suppose.”

Je force un sourire, mais à l’intérieur, je sens cette inquiétude grandir, comme un poids que je ne parviens pas à évacuer. Plus j’essaie de me concentrer sur le cours, plus mes pensées me ramènent à Emmy, à cette question cruciale qu’elle m’a posée. À chaque instant, je me demande si je suis en train de tomber amoureux d’une illusion, d’une personne que je ne connais que par des mots et des images filtrées à travers un écran.

Lorsque le cours se termine, je pars en direction de la sorti, je marche d’un pas lent, le ciel est gris, reflétant parfaitement mon état d’esprit. Je me sens déchiré entre deux réalités : la vie que je mène ici, avec mes cours, mes amis, et ma famille, et cette autre vie virtuelle, où tout semble plus intense, plus enivrant, mais aussi plus incertain.

Le parc est silencieux, seulement perturbé par le bruissement des arbres et le craquement des branches sous les rafales de vent. La solitude me pèse. Je sors mon téléphone, hésitant un instant, puis je me résous enfin à répondre à Emmy. Ce moment dans le parc, loin de la maison, semble propice à cette réflexion que j’ai repoussée toute la journée.

  • Moi (message) : “Emmy, je… Je ne sais pas exactement ce que je ressens. Tout ça est tellement nouveau pour moi, et parfois, j’ai l’impression que je suis en train de perdre le contrôle. Mais je sais que j’aime te parler, que j’attends tes messages avec impatience. Tu comptes plus pour moi que je ne l’aurais jamais imaginé. Je ne sais pas si c’est de l’amour, mais je veux vraiment découvrir qui tu es, derrière tout ça.”

Je relis mon message plusieurs fois, mon cœur battant à tout rompre. Finalement, j’appuie sur “envoyer”, les doigts légèrement tremblants, et je reste là, sur ce banc, à fixer mon téléphone, comme si une réponse allait apparaître immédiatement. Mais je sais que ce n’est pas aussi simple. Tout cela pourrait bien changer la nature de notre relation, pour le meilleur ou pour le pire.

La soirée tombe lentement, enveloppant la maison d’une douce pénombre. J’essaie de me détendre après une journée éprouvante. Je suis allongé sur le canapé, mais mon esprit est ailleurs. Depuis que j’ai envoyé ce message à Emmy, je n’ai reçu aucune réponse. Cette absence me ronge de l’intérieur, l’inquiétude grandissant à chaque minute qui passe. Ai-je fait une erreur en me montrant aussi honnête ? Est-ce que ma franchise l’a fait fuir ? Ces pensées tourbillonnent dans ma tête, m’empêchant de trouver la moindre tranquillité.

Pour me changer les idées, je me lève et décide de me rendre utile. Mes parents sont sortis pour la soirée, invités chez des amis, et cela laisse Emma et moi seuls à la maison. Je me dis qu’un bon dîner pourrait au moins m’occuper l’esprit et me faire oublier, ne serait-ce qu’un moment, cette attente insupportable.

Alors que je me dirige vers la cuisine, je passe devant la chambre d’Emma. La porte est légèrement entrouverte, laissant échapper un mince filet de lumière dans le couloir sombre. J’hésite une seconde, puis décide de lui proposer de venir manger avec moi.

  • Moi : “Emma, je vais préparer à manger, tu veux…”

Je pousse légèrement la porte tout en prononçant ces mots, mais ma voix se coupe nette lorsqu’un détail me frappe : Emma est de dos, debout près de son lit, en train de se changer. Elle ne m’a pas remarqué, absorbée dans son geste, et je me fige sur place.

Le temps semble ralentir alors que je la regarde.

Je sens une chaleur étrange monter en moi, une réaction physique que je réprime aussitôt avec un sentiment de honte intense. Qu’est-ce que je suis en train de faire ? C’est Emma pour l’amour de Dieu ! Je ne devrais pas la regarder ainsi, et encore moins ressentir ce que je suis en train de ressentir.

Mais malgré moi, mes yeux restent rivés sur elle. Je me surprends à admirer les détails de son corps, la délicatesse de sa silhouette. Mon cœur bat plus vite, et je sens un frisson désagréable courir le long de mon échine. C’est mal, je le sais. C’est terriblement mal.

Finalement, elle fait un mouvement pour retirer complètement son soutien-gorge, et c’est ce qui me sort de ma torpeur. Paniqué, je recule précipitamment et referme doucement la porte, espérant que le léger grincement n’a pas attiré son attention. Je me tiens là, dans le couloir, le souffle court, luttant contre cette vague de confusion qui m’envahit.

Qu’est-ce qui ne va pas chez moi ? Je ne peux pas… je ne devrais pas…

Je secoue la tête, comme pour chasser ces images de mon esprit, puis me dirige vers la cuisine d’un pas rapide, presque comme si je fuyais. Je dois me ressaisir. Je ne peux pas continuer à regarder Emma de cette manière. Ce n’est pas seulement inapproprié, c’est carrément dangereux.

Une fois dans la cuisine, j’essaie de me concentrer sur la préparation du repas. Je sors les ingrédients, les dispose sur le plan de travail, mais mes mains tremblent légèrement. Les images d’Emma continuent de flotter dans mon esprit, brouillant ma concentration.

C’est ma petite sœur putain… Je ne peux pas la regarder de cette manière…

Je m’arrête, incapable de terminer cette pensée. Un mélange de culpabilité et de désir se bouscule en moi, me laissant plus confus que jamais. Je dois à tout prix me ressaisir, remettre de l’ordre dans mes pensées.

Quelques minutes plus tard…

Alors que je coupe distraitement des légumes, j’entends des pas légers dans le couloir. Emma entre dans la cuisine, habillée simplement d’un t-shirt et d’un jeans, ses cheveux encore un peu en désordre après s’être changée.

  • Emma : “Besoin d’aide pour le dîner ?”

Je sursaute légèrement, surpris de la voir si soudainement. Je me force à sourire, essayant de paraître aussi normal que possible.

  • Moi : “Euh, ouais, si tu veux. Je pensais faire quelque chose de simple, genre des pâtes avec une sauce. Ça te va ?”

Emma hoche la tête, s’approchant du plan de travail pour attraper un couteau.

  • Emma : “Parfait. Ça fait longtemps qu’on n’a pas mangé ensemble, juste toi et moi.”

J’acquiesce, mais je ne peux m’empêcher de ressentir un malaise persistant. J’essaie de me concentrer sur les tâches à accomplir, mais chaque fois que je croise le regard d’Emma, je sens cette étrange tension revenir, comme une ombre que je n’arrive pas à dissiper.

Nous travaillons en silence, côte à côte, chacun absorbé dans ses pensées. Je me concentre sur chaque tâche, essayant de ne pas laisser mon esprit dériver vers des pensées inappropriées. La proximité d’Emma, pourtant familière, semble aujourd’hui étrangement lourde de sous-entendus que je n’ose formuler.

Pendant le repas, Emma semble plus joyeuse que d’habitude, comme si tous ses problèmes avaient disparu. Elle affiche un sourire constant, et je ne peux m’empêcher de me demander ce qui l’a mise de si bonne humeur. Nous discutons de choses légères, évoquant des souvenirs d’enfance et échangeant quelques blagues. Son rire est contagieux, et je me surprends à sourire malgré moi.

  • Moi : “Qu’est-ce qui te rend si heureuse aujourd’hui ?”

Emma jette un rapide coup d’œil dans ma direction avant de se concentrer de nouveau sur son assiette, jouant avec sa fourchette.

  • Emma : “Oh, rien de spécial, c’est juste une bonne journée, je suppose.”

Son ton est léger, mais je sens qu’elle cache quelque chose. Mon esprit vagabonde instantanément vers l’idée qu’il pourrait s’agir d’un garçon. Je tente de sonder un peu plus, intrigué.

  • Moi : “Ouais ? Rien à voir avec un mec, par hasard ?”

Elle éclate de rire, visiblement amusée par ma question, mais elle évite de me répondre directement.

  • Emma : “Pfff… Peut-être, peut-être pas. Pourquoi, ça t’intéresse ?”

Je hausse les épaules, feignant l’indifférence, mais une part de moi est curieuse de savoir ce qui la met dans cet état.

  • Moi : “Juste curieux. Tu sembles plus… rayonnante ces derniers temps.”

Elle me jette un regard en coin, un sourire mystérieux au coin des lèvres, mais ne dit rien de plus.

Alors que nous terminons le dîner, Emma me surprend en proposant de regarder un film ensemble.

  • Emma : “Au fait, ça te dirait de regarder un film après ? J’ai envie de voir ce nouveau film qui vient de sortir.”

Une comédie romantique, d’ordinaire, ne m’aurait pas vraiment intéressé, mais ce soir, mon esprit est ailleurs, encore imprégné de mes échanges avec Emmy.

  • Brice : “Pourquoi pas, ça pourrait être sympa.”

Elle sourit, visiblement contente de ma réponse. Je me dis que peut-être, passer du temps ensemble nous fera du bien à tous les deux, même si une partie de moi reste troublée par les événements de la soirée.

Après avoir débarrassé la table, Emma se lève et s’étire doucement.

  • Emma : “Je vais mettre un truc plus confortable, je reviens.”

Je la regarde se diriger vers sa chambre, un peu perplexe. Elle s’était déjà changée tout à l’heure avant de descendre pour le dîner, troquant ses collants contre un jean. Pourquoi se changer à nouveau ? Mais je me dis que c’est normal, après tout, qui voudrait rester en jean pour regarder un film sur le canapé ?

Quelques minutes plus tard, elle revient, habillée dans une tenue de sport, une tenue qui ne cache presque rien de ses formes. Elle semble plus détendue, plus naturelle, et je sens mon cœur s’accélérer en la voyant ainsi.

  • Emma : “Prête pour le film !”

Je tente de cacher mon trouble en hochant simplement la tête.

Elle s’installe sur le canapé à côté de moi, un geste qui, d’habitude anodin, me fait ressentir un mélange de chaleur et de malaise.

Mes pensées, encore teintées par les images d’Emmy, se mélangent à cette réalité, rendant chaque mouvement d’Emma, chaque respiration, incroyablement sensuel. Je sens une chaleur monter en moi, une tension presque insoutenable qui se diffuse dans tout mon corps, rendant chaque minute plus difficile à supporter.

Le film progresse, et soudain, une scène particulièrement sensuelle envahit l’écran. Les personnages se perdent dans une étreinte passionnée, leurs corps se rejoignant avec une intensité presque palpable. Mon cœur s’emballe, et je sens une vague de désir me submerger, amplifiée par la présence si proche d’Emma. Elle, absorbée par le film, semble ne rien remarquer, mais moi… je me noie dans cette tension, dans ce besoin de plus en plus insistant.

Je tourne la tête vers elle, mes yeux suivant la courbe de son cou, la douceur de sa peau. Une pensée, fugace mais intense, traverse mon esprit, me laissant déconcerté par son audace. Ce que je ressens pour Emmy se transpose sur Emma, brouillant les lignes entre la réalité et le fantasme. Une pulsion naît en moi, un besoin viscéral, irrésistible.

Sans prévenir, Emma pose ses pieds nus sur mes jambes, un geste qui, en d’autres temps, aurait été totalement anodin. Mais ce soir, ce simple contact devient le centre de mon univers. Mon regard se fixe sur ses pieds, sur la courbe délicate de ses orteils, sur la douceur apparente de sa peau. Une vague de chaleur déferle en moi, et je me sens totalement pris au piège, hypnotisé par ce geste innocent.

Mes pensées commencent à s’embrouiller, à se noyer dans un océan de désir incontrôlable. Je m’imagine la sensation de ces pieds se déplaçant lentement sur ma peau, la pression douce et subtile de ses orteils glissant le long de mes cuisses. Je sens la chaleur de ses jambes contre les miennes. L’idée de sentir chaque mouvement, chaque caresse involontaire, me plonge dans un état de tension presque insupportable. Je sais que je ne devrais pas penser de cette façon. C’est ma sœur, et pourtant, je ne peux plus détourner les yeux, ni stopper ces pensées qui me consument.

Dans mon esprit, une scène se forme, irrépressible. Je m’imagine allongé, les yeux fermés, tandis qu’Emma s’approche, ses pieds explorant lentement mon corps. Je ressens chaque mouvement comme s’il était réel, ses pieds remontant le long de mes jambes, chaque caresse envoyant une décharge électrique à travers mon corps.

Ses pieds continuent leur exploration, jusqu’à effleurer mes lèvres, l’idée même de les embrasser, de les sentir dans ma bouche, me faisant frémir de désir et de culpabilité. Je me vois céder à cette sensation, incapable de résister, totalement subjugué par cette exploration douce mais terriblement érotique.

Je me perds dans la contemplation de ses pieds, m’imaginant les sentir se presser un peu plus fort contre moi, explorer avec délicatesse et lenteur, savourant chaque frisson qu’ils provoquent en moi. Je m’imagine prenant l’un de ses pieds dans ma main, l’approchant de ma bouche, effleurant chaque orteil du bout des lèvres, le goût de sa peau me submergeant dans une vague de plaisir interdit. Mon esprit se remplit d’images de moi, mordillant doucement, savourant ce contact interdit, tandis que ses jambes se pressent un peu plus fort contre moi, amplifiant chaque sensation.

Ces pensées me remplissent de honte, un sentiment de culpabilité qui se mêle au plaisir intense que je ressens. Je sais que c’est mal, que je ne devrais pas avoir de telles pensées, mais l’interdiction même ne fait qu’accroître mon désir. C’est comme si chaque pensée interdite, chaque image honteuse, ne faisait qu’attiser le feu en moi, rendant ma situation encore plus insoutenable.

Mon corps réagit avec une force que je ne peux plus contrôler, une érection si puissante sous la pression de ces pensées honteuses. Je me sens prisonnier de cet instant, de ce désir que je ne peux plus réprimer. La tension monte, chaque seconde devient une épreuve alors que je tente désespérément de contenir mes émotions, de ne pas laisser mes pensées transparaître.

Le film se termine, mais la tension reste palpable. Le silence qui s’installe est lourd de sous-entendus, chaque seconde s’étire dans une atmosphère chargée d’électricité.

  • Emma : “C’était sympa, non ? On devrait refaire ça. Bonne nuit, Brice.”

Sa voix est douce, innocente, sans aucun indice de la tourmente que je traverse. Je hoche la tête, incapable de formuler une réponse cohérente. Elle se lève et disparaît dans le couloir, me laissant seul sur le canapé, fixant l’écran noir de la télévision.

Mon cœur bat encore à tout rompre, mon esprit en ébullition. Je suis profondément troublé par mes propres réactions, honteux de ce que je ressens. Les sentiments que j’éprouve pour Emmy commencent à déformer ma perception de la réalité, me laissant confus et désemparé. La soirée se termine sur une note de tension non résolue, me laissant seul avec des pensées tumultueuses, des émotions que je ne comprends pas encore, et un désir qui refuse de s’éteindre.

Le lendemain…

Le réveil sonne bien trop tôt à mon goût. La lumière du matin filtre à travers les rideaux, mais elle n’a rien de réconfortant. Mon esprit est encore embrouillé par les événements de la veille, par ces pensées que je n’arrive pas à chasser. Je me lève lourdement, chaque mouvement est un effort, et la sensation de malaise qui m’a accompagné toute la nuit persiste.

Je me prépare mécaniquement pour la journée, mes gestes sont lents, presque robotiques. Dans le miroir, mon reflet me renvoie l’image d’un homme fatigué, les cernes sous mes yeux en témoignent. J’essaie de me convaincre que tout cela n’est qu’un mauvais rêve, que je vais réussir à me sortir de cette situation. Mais la réalité est plus complexe.

En arrivant à la fac, je traîne les pieds jusqu’à mon premier cours. Les voix des autres étudiants, leurs rires, tout semble lointain, presque irréel. Je me sens comme un étranger dans un monde qui a perdu ses couleurs.

À la pause, je croise Jack, un ami de longue date. Il est tout sourire, comme toujours. Je m’efforce de paraître normal, mais il ne faut pas longtemps avant qu’il remarque que quelque chose ne va pas.

  • Jack : “Hey, Brice, t’as une sale gueule ce matin. T’as pas bien dormi ou quoi ?”

Je hoche la tête en signe de dénégation, mais je sais que je ne pourrais pas cacher la vérité longtemps.

  • Moi : “Ouais, un truc comme ça… J’ai pas mal de trucs en tête.”

Il hausse un sourcil, intéressé.

  • Jack : “Des trucs en tête, hein ? Tu veux en parler ?”

Je soupire, hésitant un instant avant de lâcher quelques mots.

  • Moi : “C’est… compliqué. Disons que j’ai des pensées bizarres ces derniers temps, et je ne sais pas trop quoi en faire.”

Jack me fixe, curieux, mais aussi un peu amusé.

  • Jack : “Bizarres comment ? T’as trouvé une fille qui te rend dingue, c’est ça ?”

Je grimace, mal à l’aise. Si seulement il savait à quel point c’était plus compliqué que ça. On parle de ma petite sœur là…

  • Moi : “Ouais, on pourrait dire ça… Sauf que c’est pas une situation normale.”

Il rit légèrement, mais son regard devient plus sérieux en voyant que je ne partage pas son amusement.

  • Jack : “Écoute, Brice, je vais te dire un truc sans tourner autour du pot. Ça veut dire que t’as envie d’elle, mec, et je parle pas de sentiment. Je parle de sexe, de cette pulsion qui te bouffe de l’intérieur. Si ça te prend la tête à ce point, c’est que t’a envie de la baiser.

Ses mots résonnent en moi d’une manière que je n’aurais pas imaginée, mais il ne fait que confirmer ce que je redoute.

  • Moi : “Mais si c’est… mal ? Genre, vraiment mal !?”

Jack me regarde, cette fois plus perplexe.

  • Jack : “Mal ? Tu veux dire interdit ou quelque chose comme ça ?”

Je hoche lentement la tête, sentant une boule se former dans ma gorge.

  • Jack : “Brice, je sais pas ce qui se passe exactement, mais si c’est aussi intense que tu le dis, tu vas devoir trouver un moyen de gérer ça. Parce que ça va pas disparaître tout seul.”

Ses paroles me laissent un goût amer dans la bouche. Mais je ne peux pas lui en dire plus, pas sans risquer de révéler des choses que je ne veux pas admettre, même à moi-même.

Je dois être fou… Tout ça n’a aucun sens. C’est sûrement les images d’Emmy qui se superposent à Emma dans mon esprit. C’est la pression, rien d’autre. Ça va finir par passer, il faut juste que je reprenne le contrôle. Ce n’est pas réel, je me répète. Ça ne peut pas être réel.

Je passe le reste de la journée comme dans un brouillard. Les cours s’enchaînent, mais je ne retiens rien. Les conversations autour de moi semblent dénuées de sens, comme un bruit de fond constant dont je ne perçois plus les nuances.

Sur le chemin du retour, je me sens plus perdu que jamais. Jack a raison, je dois trouver une solution, mais quelle solution ?

De retour chez moi, je m’effondre sur mon lit, épuisé par cette bataille intérieure. Je n’ai même pas la force de sortir mon téléphone, de vérifier si Emmy a répondu. Pour l’instant, tout ce que je veux, c’est échapper à cette spirale de pensées, mais je sais que c’est impossible. Elles sont là, toujours présentes, prêtes à refaire surface dès que je baisse ma garde.

Je ferme les yeux, espérant que le sommeil m’apportera un peu de répit. Mais au fond de moi, je sais que ce n’est que le début d’une lutte bien plus longue, une lutte contre moi-même.

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