Chapitre 1 : Le jeu commence
La patinoire commence à se vider, les échos des patins se dissipent tandis que mes coéquipiers se dirigent vers les vestiaires. Notre coach est encore en train de nous motiver pour le match de ce week-end.
- Le coach : “Super les gars ! Je veux voir le même jeu sur le terrain samedi ! Allez, filez à la douche, je vous libère ! Et n’oubliez pas, le bus part à 8h, donc ne soyez pas en retard. Bonne soirée tout le monde !”
Je suis crevé, mais satisfait. L’entraînement de ce soir était vraiment intense, mais c’est exactement ce qu’il nous faut si on veut grimper au classement d’ici la fin de la saison.
Alors que je m’apprête à rejoindre les vestiaires, Jack, mon meilleur pote, me rattrape avec son habituel sourire narquois.
- Jack : “Hey, ça te dit de bouffer ensemble ce soir ?”
Je secoue la tête.
- Moi : “Désolé mec, je mange avec ma famille ce soir…”
Il lève les yeux au ciel et insiste.
- Jack : “Oh allez, ça te ferait pas de mal de sortir un peu, Brice !”
Je soupire, un peu agacé. Je sais où il veut en venir.
- Moi : “Qu’est-ce que tu insinues ?”
- Jack : “Rien, juste que t’es devenu un ermite ces derniers temps… Sérieusement, ça fait combien de temps que t’as pas tiré ton coup ?”
Je ne peux m’empêcher de rouler des yeux. C’est toujours la même rengaine avec lui.
- Moi : “J’ai pas vraiment le temps pour ça en ce moment, avec les cours et le hockey…”
Il ne lâche pas l’affaire.
- Jack : “Arrête de te trouver des excuses, mec. D’ailleurs, j’ai découvert une appli qui pourrait bien te sauver la vie…”
Je le coupe, exaspéré.
- Moi : “Ferme là, Jack.”
Mais il a l’air vraiment sérieux cette fois.
- Jack : “Je déconne pas, mec ! Tu connais ForFansOnly ?”
Je lève un sourcil, méfiant.
- Moi : “Ça sonne comme un truc de cul ton truc…”
Il éclate de rire.
- Jack : “T’as pas complètement tort, mais c’est bien plus que ça. T’as des vraies filles avec qui tu peux discuter. Et si t’as un peu de chance, ça peut vite devenir… intéressant.”
Je secoue la tête, encore plus sceptique.
- Moi : “Attends, tu me dis pas que tu paies pour ça ?!”
Jack me fait un clin d’œil, fier de lui.
- Jack : “Tu peux pas juger sans avoir essayé. Ce truc a changé mon quotidien, mec. Plus jamais en manque avec ça !”
Je le regarde, partagé entre l’amusement et l’incrédulité. Il est vraiment sérieux, et quelque part, cette conversation reste en tête. Peut-être que Jack n’a pas totalement tort. Ça fait un bail que je ne me suis pas vraiment détendu…
- Moi : “Ouais, ouais, si tu le dis… Bon allez, je file. À plus, mec.”
- Jack : “Ça marche, passe le bonjour à ta mère, ahah !”
- Moi : “Ta gueule, enfoiré !”
Je rigole malgré moi en m’éloignant. Jack est con, mais c’est pour ça que je l’aime bien. Il m’avait déjà avoué en pincer pour ma mère il y a quelques années… J’ai failli lui casser la gueule ce jour-là, mais bon, c’est mon meilleur pote, alors je lui ai pardonné. À moitié.
Je quitte enfin la patinoire, l’air froid me piquant le visage. Les rues sont presque désertes à cette heure. Pendant que je marche vers chez moi, je ne peux m’empêcher de penser à ce que Jack m’a dit. Toujours à me pousser à sortir, à rencontrer des filles, comme si c’était une solution à tout. Peut-être qu’il n’a pas complètement tort…
Le vent frais me réveille un peu, et je me retrouve devant ma porte plus vite que prévu. L’odeur du dîner m’accueille dès que je franchis le seuil. Le contraste entre l’extérieur froid et l’intérieur chaleureux est réconfortant, presque trop calme. C’est comme si la maison était dans une bulle, isolée du monde extérieur. Ma mère est là, comme d’habitude, en train de finir de mettre la table.
- Moi : “Hello, je suis rentré !”
Ma mère lève les yeux et me sourit.
- Maman : “Bonsoir mon cœur. Alors, comment s’est passée ta journée ?”
Je m’effondre sur une chaise, épuisé.
- Moi : “Fatigante, mais ça va… Oh, et j’ai trouvé un stage dans un cabinet d’avocats. C’est juste pour une semaine, mais c’est cool de pouvoir enfin voir à quoi ça ressemble vraiment.”
Elle s’illumine.
- Maman : “Oh, mais c’est génial ! Félicitations, je suis super fière de toi ! Viens à table, raconte nous ça pendant qu’on mange.”
On commence à dîner, et comme d’habitude, on discute de tout et de rien. Je sais que ça peut sembler bizarre, mais j’adore ces repas de famille. C’est toujours agréable de se retrouver et de sentir qu’on est soutenu, même dans les moments difficiles.
On est en plein milieu du repas, et comme souvent, c’est mon père qui relance la conversation.
- Papa : “Alors Brice, ton entraînement, ça s’est bien passé ? Vous êtes prêts pour ce week-end ?”
Je hoche la tête avec un sourire.
- Moi : “Ouais, encore deux matchs gagnés et on monte de catégorie !”
Mon père semble vraiment content.
- Papa : “Super nouvelle ! J’aurais aimé vous voir jouer, mais je serai en déplacement ce week-end… Une autre fois, peut-être.”
Avant que je puisse répondre, l’attention de toute la famille se tourne vers ma sœur, Emma, qui n’a pas dit un mot depuis qu’on a commencé à manger. Elle est absorbée par son téléphone, comme toujours.
- Papa : “Emma, lâche un peu ton téléphone. Tu n’as même pas échangé une seule fois avec nous ce soir ! Avec qui tu parles sans arrêt ?”
Elle lève les yeux, visiblement agacée d’être interrompue.
- Emma : “On discute sur le groupe de la classe pour les évaluations à venir.”
Mon père fronce les sourcils.
- Papa : “Ah oui ? Et sur quoi portent ces évaluations ?”
Ma sœur hésite un instant, visiblement prise de court.
- Emma : “Euh… c’est…”
Je l’interromps en souriant.
- Moi : “La physiologie cellulaire, non ? C’est ce que tu m’as dit l’autre jour.”
Elle me jette un regard reconnaissant avant de hocher la tête.
- Emma : “Oui, c’est ça…”
Mon père hoche la tête.
- Papa : “Bon, n’hésite pas si tu as besoin d’aide. Peu d’étudiants ont la chance d’avoir un père médecin. Je sais que tu n’aimes pas les traitements de faveur, mais réfléchis y.”
- Emma : “Je sais, papa…”
Quelques minutes plus tard, le dîner se termine. On échange encore quelques banalités avant que tout le monde décide d’aller se coucher.
Alors que je monte les escaliers pour aller dans ma chambre, j’entends des pas derrière moi. Je me retourne et vois Emma qui me suit.
- Emma : “Hey, attends !”
Je m’arrête, un peu surpris.
- Moi : “Quoi ?”
Elle semble hésiter, puis finit par murmurer.
- Emma : “Merci pour tout à l’heure…”
Je la fixe, intrigué.
- Moi : “Tu ne devrais pas me remercier, tu devrais surtout te mettre à bosser sérieusement. Papa finira par se rendre compte que tu délires complètement avec tes études.”
- Emma : “Mais au fait comment…”
- Moi : “On fréquente la même université je te signal… je ne t’ai même pas aperçu depuis le début du semestre. Je ne sais pas ce que tu fais de tes journée mais papa risque de s’en rendre compte…”
Elle baisse les yeux.
- Emma : “Je sais… Mais ça me regarde, OK ? Laisse tomber.”
Je la regarde partir, un peu inquiet. Emma a beaucoup changé ces derniers temps. Avant, on était plutôt proches, mais maintenant, j’ai l’impression qu’elle me cache quelque chose. J’espère juste qu’elle ne traverse pas un truc trop lourd. Si ça continue comme ça, je vais devoir en parler à nos parents.
Posé dans ma chambre depuis quelques minutes, je m’apprête enfin à clore cette longue journée. Les cours deviennent de plus en plus compliqués, et le hockey… notre coach est de plus en plus exigeant. Peut-être que Jack a raison, je devrais sortir plus, faire des rencontres histoire de me vider la tête… mais avec mon emploi du temps ? Impossible.
Cela va bientôt faire un an que Tesse m’a quitté, et depuis, je ne crois pas avoir vraiment discuté avec une fille. Elle ne me manque pas… mais faut avouer qu’elle était bien gaulée. Elle avait une de ces paires…
Bref… au fait, c’était quoi déjà son application à la con ? …Fans… heu… Only ?
Je me creuse la tête, puis je fais quelques recherches sur mon téléphone. Finalement, je tombe sur l’application en question : ForFansOnly. Après tout, qu’est-ce que je perds à y jeter un coup d’œil ?
5 minutes plus tard…
À première vue, l’application ressemble à une plateforme de messagerie classique, sauf qu’elle dispose d’une sorte de marketplace avec, disons… des “lots” intéressants. Les profils défilent sous mes doigts, et il y en a vraiment pour tous les goûts, si je puis dire…
Mais une chose me rebute immédiatement : le prix. Chaque profil affiche un abonnement mensuel. Sérieusement, est-ce que je m’apprête vraiment à payer pour… ça ?
Un bandeau promotionnel attire soudainement mon attention :
“Offre spéciale ! Trouvez un profil proche de chez vous !”
L’offre semble gratuite, mais uniquement pour les nouveaux arrivants sur la plateforme. L’application se chargerait de trouver le profil le plus proche géographiquement de vous. Sympa. Mais si jamais je tombais sur une camarade de classe ? Ou une voisine ? Merde… Mais j’avoue que c’est un peu marrant. En plus, c’est gratuit ! Allez, je me lance.
“Nous recherchons les profils dans votre secteur…”
“Veuillez patienter…”
“Nous avons trouvé 1 profil dans votre secteur !”
Seulement un profil ? Voyons voir…
Le résultat s’affiche :
Hello, moi c’est Emmy 🌸
Timide et discrète, je préfère rester anonyme… mais c’est là que ça devient intéressant, non ? Derrière cette réserve se cache une part de moi qui adore se révéler doucement, petit à petit. Plus on avance ensemble, plus je me laisse aller à des moments complices et de plus en plus coquins. Si tu sais prendre ton temps, tu découvriras tout ce que ma timidité cache… avec une touche de malice. 🍒
Je déglutis en lisant sa description. Sexy… putain. Bon, voyons voir. Emmy… 20 ans, “Habite à moins de 10 km de chez vous.” Peut-être qu’elle étudie dans la même université que moi, ahah ?
Je continue à parcourir son profil. Il y a quelques photos gratuites d’elle. Bordel… ce corps… trop bonne…
C’est vrai qu’elle ne montre jamais son visage, seulement des parties bien choisies, comme ses courbes, ses jambes… C’est plutôt excitant en fait, ça pourrait être n’importe qui.
Bon…
Je pourrais m’abonner pour discuter avec cette fille… Si je le fais, elle va probablement m’envoyer des photos d’elle plus… suggestives…
Arrrghh ! C’est pas possible…
Je me gratte nerveusement la tête, partagé entre l’envie et la honte. Bon allez, je m’abonne, mais seulement pour tester ! Juste un mois. Un seul, et ensuite j’arrêterai l’abonnement !
